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La Fed prépare les marchés à un scénario « à la japonaise »

Publié le 16/08/2011

La Réserve fédérale a décidé de maintenir ses taux directeurs jusqu'à mi-2013, soit au moins 5 ans de politique à taux zéro

Ben Bernanke a réussi son opération de communication. Alors que les inquiétudes des investisseurs se focalisent sur la croissance et sur la dette du pays, en un communiqué, la Fed a réussi à faire plonger le dollar, confirmant ainsi un précieux relais de croissance pour les Etats-Unis, et à faire baisser les rendements de l’Etat, levant ainsi les inquiétudes sur la montée du coût du financement de la dette. Même le marché actions s’est offert une séance de net rebond, refaisant une partie du terrain perdu la veille.

Dans un exercice de funambule, la Réserve fédérale américaine a, comme prévu, maintenu le niveau des taux Fed funds entre 0% et 0,25%, mais a surpris en prenant pour la première fois l’engagement de laisser ses taux à un niveau exceptionnellement bas au moins jusqu'à la mi-2013. Ce qui indique que la Fed compte laisser ses taux à un niveau proche de zéro pendant une durée d’au moins 5 ans. Une situation paradoxale pour un pays qui souhaitait à tout prix éviter un scénario à la japonaise.

Mais la crise de la dette souveraine en zone euro et la dégradation de la note «AAA» des Etats-Unis n’incitent pas la Fed à programmer un resserrement de sa politique monétaire. D’autant que les incertitudes pesant sur la croissance et le recul des prix des matières premières et du pétrole devraient mettre en sommeil les tensions inflationnistes, même si le dernier Beige Book indique clairement que les industriels sont en train de répercuter les hausses passées des prix.

De plus, pour le moment, le niveau des taux d’Etat est historiquement faible. Le taux des obligations à 10ans américaines a chuté hier à 2,2488%, contre 2,33% avant la réunion de la Fed. L’annonce de la dégradation par S&P de la note à long terme des Etats-Unis avait même permis un recul des taux longs, les investisseurs réagissant plus sur les perspectives de durcissement plus amples de la politique budgétaire que sur un «risque crédit américain» plus grand.

Faut-il pour autant amorcer un QE3? La Fed n’a pas semblé fermer la porte, d’autant que son diagnostic sur l’économie s’est assombri. Mais, comme le rappelle Aurel BGC, «les taux longs réels sont déjà très négatifs actuellement. Une nouvelle baisse de ces derniers aurait peu d’impact sur l’économie réelle.» Le courtier estime par ailleurs que «l’efficacité du QE2 est loin d’être prouvée sur le passé. Les craintes actuelles de rechute de l’économie américaine sont la meilleure preuve de l’inefficacité du QE2 sur l’économie réelle.»

Sans compter qu’un QE3 sera difficile à faire passer au sein du FOMC. Sur les 10 membres du comité de politique monétaire dotés d'un droit de vote, trois «se sont opposés à ce changement». Richard Fisher, président de la Fed de Dallas, Narayana Kocherlakota, président de la Fed de Minneapolis, et Charles Plosser, président de la Fed de Philadelphie, ont voté contre l’engagement de maintenir les taux pendant deux ans. Jamais, depuis une réunion de novembre 1992, trois membres du comité de politique monétaire ne s'étaient opposés aux décisions prises par le comité

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