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L’économie japonaise a-t-elle touché son plancher ?

Publié le 26/05/2009

Avec une croissance de -4%, l’économie japonaise a enregistré un recul record au premier trimestre de 2009.

En termes annualisés, cette chute s’est traduite par une contraction de 15,2% de son activité. Le chiffre du trimestre précédent a été également révisé vers le bas, à 14,4% contre 12,1% estimé auparavant.

Les exportations restent le talon d’Achille de l’économie japonaise, avec un recul de 26% sur les trois premiers mois de cette année. Elles l’ont entraîné dans une crise jamais vue depuis la seconde guerre mondiale, bien que l’archipel ne soit pas l’épicentre de la tourmente. Alors la demande extérieure reste un facteur exogène important, la faiblesse de la demande intérieure est la raison principale de la baisse record du PIB. Sa contribution a atteint -2,6%, soit le pire depuis 1974. Les ménages, qui subissent une détérioration du marché de l’emploi, ont réduit leurs dépenses de 1,1%. Les entreprises ont également coupé leurs investissements de 10,4%, pour réduire leurs surcapacités productives et leurs stocks d’invendus.

Malgré ce sombre tableau, les marchés ont été soutenus par l’anticipation d’un rebond possible de l’activité conjoncturelle au cours des prochains mois. Des signes de reprise apparaissent :
La production industrielle a augmenté de 1,6% au mois de mars.
La confiance des ménages s’est améliorée pour la quatrième fois consécutive
Les exportations semblent atteindre un plancher
La demande de machines a l’air de se stabiliser à un bas niveau.
Cependant, il est difficile de prévoir une reprise soutenable, lorsque l’économie globale reste faible - bien que la croissance soit meilleure pour le trimestre en cours. Les signes d’amélioration de la conjoncture sont certainement temporaires :
La stimulation budgétaire, de 5% du PIB pour 2009, peut avoir un effet significatif au deuxième trimestre.
Le déstockage pourrait provoquer une augmentation de la production dans le proche avenir, malgré l’absence de demande en limitera l’ampleur
Les exportations nippones bénéficient momentanément du boom de l’infrastructure chinoise, favorisé par leur plan de relance, mais ce ballon d’oxygène n’est pas éternel.

Par ailleurs, le risque déflationniste est entrain de réapparaître. Les prix de gros ont baissé de 3,8% en avril par rapport à la même période de l’année passée, soit la chute la plus rapide depuis 22 ans. La remontée en flèche du taux de chômage, ainsi que la contraction du revenu disponible a accentué la probabilité d’une spirale déflationniste.

 

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