Brésil : encore des signes positifs
Publié le 26/05/2009
La publication des chiffres de l’emploi, au dessus des attentes, a renforcé l’idée que la reprise se mettait graduellement en place au Brésil.
Le taux de chômage pour le mois d’avril, s’est établi à 8.9% contre 9% le mois précédent. Le marché, pour sa part, escomptait une augmentation du taux à 9.3%. Il ressort ainsi que la détérioration du marché du travail a été beaucoup plus mesurée que lors des précédentes récessions, où le taux de sans emplois avait atteint les 12%. Au niveau des licenciements, le pire est maintenant derrière, propos confirmé par le Ministre des Finances Guido Mantega, et on constate que le rythme des créations d’emplois est à nouveau sur une pente ascendante. Il sera difficile de retrouver rapidement le niveau de croissance de l’année dernière, mais rappelons que ceux-ci ont été obtenus alors que l’économie se trouvait quasiment en phase de surchauffe. La consommation domestique, a joué un important rôle d’amortisseur dans la phase de ralentissement et elle contribue actuellement fortement à la reprise de l’activité économique.
Le niveau des salaires est toujours orienté à la hausse, comme le démontre la récente hausse de 12% du salaire minimum, et soutient de manière non-négligeable la consommation des ménages. La baisse de l’inflation renforce encore le revenu disponible. Les vente de détail ont augmenté de 1.9% en avril et restent toujours en croissance.
Par ailleurs, la politique monétaire accommodante, qui est en place actuellement, va sans doute favoriser la croissance de la consommation et celle du crédit. Pour rappel, le taux de référence « Selic » se situe à 10.25% actuellement. Il se trouve à son plus bas niveau historique et d’autres baisses sont encore attendues lors des prochaines réunions de la Banque centrale.
Par ailleurs, le redémarrage de l’activité industrielle ne devrait pas manquer de venir renforcer les perspectives de croissance pour la deuxième moitié de l’année.
D’autres parts, le Brésil continue de diversifier ses relations commerciales et d’augmenter le volume de ses échanges. Le récent voyage du président Lula en Arabie saoudite, en Chine et en Turquie n’est pas pour démentir cet état de fait. La Chine est maintenant le premier partenaire commercial du Brésil, devant les Etats-Unis. La croissance du commerce intra-pays émergents, devient de plus en plus importante et constitue un relais de croissance conséquent étant donné la taille des économies en présence. Les relations sont aussi financières comme en témoigne l’accord entre le géant pétrolier « Petrobras » et la Chine. Un prêt de 10 milliards de dollars contre des livraisons de brut au raffineur chinois « Sinopec » de l’ordre de 150'000 barils en 2009 et 200'000 barils pour les neuf prochaines années. Avec les termes de l’accord, chaque partie diversifie ses sources : de financement pour la compagnie brésilienne et de l’approvisionnement énergétique pour la Chine. De plus, l’assouplissement de la part des autorités chinoises, des restrictions d’entrée pour les importations de viande (poulet et boeuf) vont sans aucun doute bénéficier au principal pays producteur de ces denrées, à savoir le Brésil.
La reprise appelle encore quelques confirmations, cependant la manière dont les différents éléments macro-économiques se mettent en place, laisse augurer de réjouissantes perspectives pour l’économie brésilienne. Les actifs financiers du pays semblent avoir bien reçu le message si l’on en croit la reprise de la monnaie, la réduction des différentiels de rendements et la marche en avant de l’indice Bovespa. Le rythme de croissance des actifs devrait, certes, se ralentir quelque peu, mais la tendance à long-terme demeure particulièrement favorable.


