Royaume-Uni - Rendez-vous avec le FMI est-il envisageable ?
Publié le 18/05/2009
Il y a 33 ans, entre Mars et Décembre 1976, le monde faisait face aux conséquences de la crise pétrolière et le Royaume-Uni avait dû recourir à l'aide du FMI (3,9 Milliards USD, le plus grand prêt jamais effectué alors par cette institution).
La Grande-Bretagne devra-t-elle recourir à nouveau à l'aide du FMI d'ici la fin de l'été 2009 ?
Les évolutions respectives de l'économie britannique, de la Livre sterlinget de la place financière londonienne convergent toutes trois vers une crise majeure à cette date, obligeant les dirigeants du pays à chercher dans l'urgence des solutions extérieures. C'est bien un scénario à l'islandaise qui est en cours au Royaume-Uni, ou un remake de 1976.
La différence par rapport à 1976, c'est que le « grand frère américain » est lui-même en train de s'enfoncer dans un processus identique de banqueroute généralisée et qu'il n'y a plus de « Guerre froide », que le monde fait face à une crise encore plus dangereuse que la crise pétrolière des années 1970, que la Livre sterling n'est plus qu'une devise internationale secondaire et qu'il n'y aura pas une seconde découverte du pétrole de la Mer du Nord pour créer un miracle.
Cette crise annoncée va donc affecter très douloureusement l'ensemble de la population britannique qui n'a en fait pour l'instant vu que les prémices de l'effondrement socio-économique à venir. D'ailleurs le FMI ne croit pas du tout aux perspectives économiques et budgétaires « optimistes » retenues par le Chancelier de l'Echiquier Alistair Darling dans son tout récent budget.
De fait, la Banque d'Angleterre n'a plus d'autre choix que d'accroître son « quantitative easing », autrement dit ses achats, d'une part, de bons du Trésor britannique (les Gilts) afin de financer le déficit public croissant (officiellement un déficit annuel de 12% du PNB en 2010), et une dette qui s'achemine vers les 100% du PNB) ; et, d'autre part, d'autres actifs « à valeur incertaine» émis par les établissements financiers, les entreprises, voire les ménages directement (prêts hypothécaires) afin d'éviter leur cessation de paiement.
A l'image de ce qui se passe aux Etats-Unis, mais sans la surface financière, économique et stratégique américaine, la banque centrale britannique doit se substituer à l'ensemble des acteurs financiers du pays et aux nombreux opérateurs financiers étrangers qui ont alimenté la City ces dernières années. Faute de reprise économique, et du fait, au contraire, d'une aggravation de la crise dans les mois à venir, la Banque d'Angleterre va se trouver confrontée d'ici Octobre 2009 à une tâche impossible : éviter un effondrement de la Livre, éviter une ascension rapide des taux d'intérêts britanniques, et soutenir le plan de relance économique gouvernemental et le niveau des dépenses publiques.
D'ici le mois de Juillet, les premières vagues massives de chômeurs vont commencer à arriver en fin de droit, parallèlement à l'arrivée sur le marché du travail des jeunes en fin d'études. Dans le même temps, la Banque d'Angleterre aura dû annoncer une nouvelle fois un accroissement substantiel de ses achats de bons du trésor, poussant la Livre au-dessous de taux symbolique comme 1£ = 1 €. Dans ce contexte, l'état des établissements financiers britanniques continuera à se détériorer, affecté par les faillites d'entreprises, le chômage croissant de leurs clients individuels et le retrait des investisseurs étrangers (voire même des hauts revenus britanniques, suite aux récentes annonces de hausse d'impôts). Cette situation conduira les banques à demander de nouvelles injections de capitaux publics dans le système bancaire (quoiqu'en disent Barclays ou HSBC) et induira une troisième vague de la crise financière au Royaume-Uni, alors qu’il s'avèrera impossible au gouvernement d'accroître ses déficits publics déjà hors norme. On constate déjà dans le domaine militaire (comme en 1976) l'apparition de projets de coupes sombres dans de grands programmes comme celui de l'Eurofighter par exemple ; ainsi, bien entendu, que l'émergence de graves difficultés financières dans le domaine des infrastructures publiques. Le poids social de l'ensemble des évènements va quand à lui s'accroître lourdement durant l'été.


