Faut-il sauver le soldat dollar ?
Publié le 22/09/2010
Il semblerait que lentement le discours économique s’infléchit pour nous amener à prendre conscience que la fin 2010 sera marquée par une forte révision à la baisse de toutes les prévisions actuelles (y compris les perspectives déjà réduites des Etats-Unis).
Sans même intégrer cette anticipation dans leur analyse, même les experts de l'OCDE préviennent que la croissance mondiale va subir un coup d'arrêt d'ici la fin 2010.
Les trimestres à venir vont être particulièrement dangereux pour le système économique et financier mondial. Quel est l’état des lieux ? :
- la croissance américaine semble s'évaporer trimestre après trimestre et pourrait devenir négative dès la fin 2010.
- le chômage n'en finit pas de croître entre la stabilité des chiffres officiels et la sortie en six mois de plus deux millions d'Américains du marché de l'emploi (le chiffre réel de chômage pourrait s’établir à moins 20%).
- le marché de l'immobilier américain continue à être déprimé à des niveaux historiquement bas et pourrait reprendre sa chute dès le quatrième trimestre 2010.
- enfin, comme on peut aisément l'imaginer dans ces conditions, le consommateur US reste et restera durablement aux abonnés absents puisque son insolvabilité perdure voire s'aggrave pour l'Américain sur cinq qui n'a pas de travail.
- les Américains déserte la bourse. Chaque mois, ce sont toujours plus de « petits actionnaires » qui quittent Wall Street laissant aujourd'hui plus de 70% des transactions aux mains des grandes institutions et autres « high frequency traders ».
- Il y a également une réalité économique dramatique : l'essentiel de l'économie des Etats-Unis est désormais directement dépendante du gouvernement fédéral et/ou de la Réserve fédérale. Immobilier, automobile, défense (et, à travers la défense, une grande part des industries de haute technologie), agriculture,… sont des secteurs qui ne peuvent tenir (et encore, avec de grandes difficultés pour certains) que parce qu'ils sont soutenus par des subventions fédérales et/ou des politiques de soutien de la Fed.
- On peut y ajouter désormais une majorité d'Etats et de grandes villes du pays qui sont incapables de boucler, seuls leurs fins de mois et dépendent de Washington pour le faire.
- baisse radicale d'utilisation des cartes de crédit par les consommateurs US (56% d'utilisateurs en 2009 contre 87% en 2007) qu'on disait pourtant totalement « accro » à la carte de crédit. Cette évolution a bien entendu des conséquences macro-économiques majeures pour le système financier US et les entreprises.
- Malgré les actions exceptionnelles (taux d'intérêt à zéro, quantitative easing, soutien massif du marché des prêts immobiliers, soutiens massifs aux banques, multiplication par trois de son bilan,…) qu'elle a mises en oeuvre à partir de Septembre 2008, l'économie US ne repart pas
Il est toujours un moment, en économie, ou le retour à la réalité, même saumâtre, est inévitable. Bien que le dollar soit une composante centrale de notre système financier mondial, il reste une simple composante soumise aux règles économiques normées.
La FED va certainement tenter de mettre en place une nouvelle série de mesures « non conventionnelles » pour essayer de retarder, comme dans un rêve, le retour à une réalité certaine et inéluctable.
Les politique d’austérité sont en train de couvrir la planète, mais à ce stade, la peur pourrait nous envahir car il est certain que concernant les conséquences de l'entrée des Etats-Unis dans un vaste programme d'austérité : ce sera le chaos sur les marchés financiers et monétaires accoutumés depuis des décennies à l'exact contraire, c'est-à-dire le gaspillage américain ; et un choc économique et social interne sans équivalent depuis les années 1930.
Il existe pourtant une solution qu’il faudra bien, un jour, en espérant qu’il ne soit pas trop tard, admettre comme inévitable : la création d’une monnaie mondiale représentant un panier mondial dans lequel le dollar ne sera plus qu’une composante normale évaluée à l’aune de son économie réelle.
Cela permettrait de stabiliser les échanges internationaux en tenant compte du poids économique de chacun et particulièrement des pays émergents et de la chine. Cela permettrait aussi, de laisser la possibilité aux USA de dévaluer leur monnaie sans pour autant nous amener à la ruine puisque n’étant plus une référence mondiale, tout en favorisant le retour au réalisme économique chez eux mais aussi dans tous les pays.
Pour le moment, force est de constater que beaucoup fuit le navire en démissionnant de leur poste, peut être pour ne pas à avoir à assumer un mensonge économique de plus en plus intenable.
L’histoire économique fonctionne comme l’histoire des hommes, parce que tout simplement c’est l’histoire des hommes. Or, dans cette histoire il existe une règle dite d’équilibre. Cette règle suppose que toute action provoque une réaction qui si celle-ci est à la juste mesure de l’action première, aboutit à la création d’un équilibre que l’on peut appeler général. Mais cette règle simple est soumise à un aléas, si la réaction n’est pas à la mesure de l’action première, alors le balancier penchera dans un sens qui sera incontrôlable jusqu’au terme de son épuisement.
Il faut espérer que la recherche d’un équilibre économique et financier mondial, qui ne peut être basé que sur la réalité et non sur un rêve, aboutira rapidement, car le temps passe et rend plus difficile, chaque jour cette recherche. Si l’on considère le rêve comme notre réalité, il y a de forte chance, que le balancier penchera dans un sens qui ne nous sera pas favorable. A ce moment là, il sera trop tard, quelques soient les bonnes volontés qui interviendront, et nous boirons la coupe de notre rêve impossible jusqu’à la lie.


