Brésil : la Banque centrale tente de naviguer au cap !
Publié le 05/05/2009
C’est par une baisse de 100 points de base du taux « Selic » que s’est achevée la dernière réunion de la Banque centrale, COPOM, sur la conduite de la politique monétaire.
C’est la troisième baisse consécutive et significative depuis le début du cycle de baisse initié au mois de janvier. Le taux se situe maintenant à 10.25%, ce qui constitue son plus bas niveau historique. Il a été abaissé de 350 pb. en trois séances, ce qui montre, si besoin était, la volonté du gouvernement de soutenir la croissance sans mettre en péril l’équilibre de l’économie. La barrière des 10% devrait être franchie au cours des prochaines réunions, même s’il est fort probable que l’ampleur des baisses de taux pourrait s’atténuer. Dans son commentaire, qui a suivi la prise de décision, l’Institut d’émissions s’est contenté de déclarer, de manière laconique, que « le processus de détente monétaire poursuivait son cours »
L’inflation est orientée à la baisse et ne devrait pas dépasser l’objectif de la Banque centrale, soit un niveau de 4.5%, à la fin de l’année. Elle ne constitue donc pas une menace à l’assouplissement monétaire et laisse ainsi une marge de manoeuvre à la Banque centrale qui peut se concentrer pleinement sur la relance de l’économie. Toutefois, les effets conjugués de la stimulation fiscale et de la baisse des taux pourraient avoir un impact négatif sur l’évolution de l’inflation à plus long terme. La Banque centrale pourrait de plus en plus tenir compte de cet état de fait lors de ses prochaines réunions et ainsi, un assouplissement de l’ordre de 50 pb. paraît plus vraisemblable pour les prochaines réunions. Le taux de référence pourrait ainsi se situer dans une zone comprise entre les chiffres de 9% à 9.5% à la fin du présent cycle baissier.
Pour l’heure, l’activité demeure encore faible mais les indicateurs se retournent graduellement au fil des semaines. La production industrielle, après un plongeon spectaculaire au quatrième trimestre de 2008, devrait connaître une légère hausse en avril, pour le troisième mois consécutif. Au niveau de l’industrie manufacturière, le taux d’utilisation des capacités de production s’améliore mais demeure encore nettement en deçà des chiffres d’avant la crise. L’indice de confiance du secteur montre, pour sa part, des signes plus nets de retournement
De son côté, l’industrie d’exportation reprend, elle aussi, quelques couleurs. Elle profite à la fois de la hausse observée sur les cours des matières premières et d’une certaine compétitivité du real. Les niveaux en volumes ont bondi de plus de 10% en mars alors que le volume des importations se contractait de 5%. En variation annuelle, les volumes du mois de mars affichent même un chiffre positif de plus de 2%. Ainsi, après une baisse prolongée, le surplus de la balance commerciale est à nouveau orienté à la hausse.


