Russie : le gouvernement révise en forte baisse ses perspectives de croissance
Publié le 28/04/2009
Le Ministère de l’Economie et du Développement (MET) a revu en forte baisse ses prévisions de croissance pour l’année en cours.
Il s’attend maintenant à une contraction de l’économie de l’ordre de 6%, soit presque trois fois plus que la dernière estimation du mois de mars qui prévoyait un recul de 2,2% de l’activité. Sur l’année, la production industrielle devrait reculer de 9.1%, l’investissement devrait plonger de 21% et la vente de détail devrait reculer de près de 5%.
La révision drastique du chiffre annuel provient du fait que l’économie russe a connu un premier trimestre particulièrement difficile. Ainsi, sur le trimestre, le PIB devrait se contracter de 9.5% en variation annuelle. La détérioration de l’économie trouve son explication aussi bien dans le coup de frein qu’a connu le secteur de la construction que dans la faiblesse de l’investissement dans son ensemble. Ces deux secteurs qui ont été d’importants contributeurs de la croissance observée ces dernières années ont passablement souffert de la contraction du crédit et de la correction des prix des actifs. Avec ces derniers chiffres, le MET détient maintenant les prévisions les plus conservatrices pour l’année en cours, en ligne avec celle du FMI.
Du côté positif, il faut noter que selon le Ministère, l’activité devrait rebondir - faiblement il est vrai- au deuxième trimestre de cette année. En effet, les mesures de stimulation devraient être de plus en plus effectives et l’activité de prêts de la part des banques devrait reprendre un rythme plus soutenu. Un retour vers une croissance plus vigoureuse est attendu pour 2010 et 2011 avec des prévisions de l’ordre de 4%.
Parallèlement au recul de l’activité, la Banque centrale, non sans une certaine pression du gouvernement, a décidé de lâcher du lest et a assoupli sa politique monétaire en abaissant de 50 points de base ses taux directeurs. Le taux de refinancement se situe maintenant à 12.50% et le taux minimum de Repo à 9.5%.
Par ailleurs, la meilleure tenue du rouble laisse plus de marge de manoeuvre à la Banque centrale qui n’est plus dans l’obligation de relever ses taux directeurs pour soutenir la monnaie. Une phase d’assouplissement monétaire est ainsi initiée et devrait perdurer quelques mois pour le moins. La Banque centrale russe peut enfin être synchronisée avec ses pairs et rejoindre ainsi le mouvement général d’assouplissement monétaire afin de soutenir la croissance. Cette mesure devrait ainsi apporter un soutien bienvenu à l’économie domestique.


