Prochaine vague boursière : à la hausse, vraiment ?
Publié le 27/10/2009
L’environnement fondamental à la fin des années soixante n’a que peu de relation avec celui d’aujourd’hui.
A l’époque, les taux d’intérêt sont à leur sommet, alors qu’actuellement c’est l’inverse. De plus, le niveau d’endettement, lors du grand choc pétrolier, n’était qu’une fraction de celui que l’on observe récemment. Force est d’admettre, cependant, que l’analyse fondamentale s’est révélée en partie inefficace pour anticiper le double krach des années 2000. Outre le faible pouvoir prospectif des modèles économiques, ceux élaborés pour nous éclairer sur le comportement des marchés financiers, comme la célèbre théorie du portefeuille de Markovitch, souffrent également de failles sévères. Elle stipule, notamment, que les variations de cours sont indépendantes les unes des autres (random walk theory) et que leur distribution statistique suit la forme d’une courbe en cloche de type gaussien. Ce qui implique que le risque d’avoir un accident majeur est sous-estimé. Les bulles successives TMT et Subprimes nous ont rappelé à quel point ces hypothèses sont discutables. Il est donc temps d’explorer d’autres approches. Le mathématicien de renom Benoit Mandelbrot a plusieurs fois mis en évidence les erreurs de conception des modèles standards et proposé une alternative, celle des fractales, pour estimer de manière plus réaliste le risque des événements, soi-disant exceptionnels, que sont les krachs. Ces travaux ont été complétés par ceux du physicien et sismologue Didier Sornette, qui a établi une cohérence réelle entre la modélisation de Mandelbrot et les vagues d’Elliott (chartiste des années 1930).
Sans entrer dans les détails, nous constatons une certaine parenté technique entre la bourse des années 1970 et celle des années 2000. Suite à un formidable « bull market », l’indice S&P 500 est entré dans une phase de congestion de longue durée. La formation de double « top » - 2000 et 2007 – suivie d’un creux en 2009 plus bas que celui de 2003 laisse supposer que la période de marasme n’est pas terminée. Le rally actuel n’est donc qu’un répit, avant une nouvelle correction punitive.
La configuration des bourses émergentes est nettement moins inquiétante, surtout à moyen terme. Une correction technique est envisageable dans le proche avenir mais une nouvelle jambe à la hausse de type « bull market » est relativement probable. Le graphique de l’indice de HongKong n’indique aucun double « top » et le creux de 2009 est bien supérieur à celui de 2003. Les conditions de tendance haussière sont toujours présentes.


