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Bourse désillusion en perspective ?

Publié le 09/06/2009

Dans un scénario conjoncturel de type « racine carrée », la première partie du cycle ressemble à une reprise en « V ». C’est plus ou moins le profil observé ces dernières semaines.

La confiance des ménages et des entreprises s’est nettement améliorée aux Etats-Unis et en Asie. En Europe, l’éclaircie est moins visible. Les chiffres de l’emploi du mois de mai aux Etats-Unis ont également été interprétés comme positifs. Les destructions de postes de travail ont été largement inférieures aux attentes et à celles des mois précédents. Il serait prématuré, cependant, de pavoiser. Les creux des précédentes récessions ne sont même pas encore testés. De plus, le taux de chômage a bondi à 9,4% et l’horaire de travail hebdomadaire a été réduit.

Cette embellie mitigée laisse tout de même supposer, que le PIB américain devrait connaître une modeste expansion au second semestre 2009. Il est, toutefois, improbable que le taux de croissance dépasse les 1%. La principale crainte est la stagnation de la conjoncture, une fois les effets positifs du plan de stimulation gouvernemental dissipés. La réduction, forcément douloureuse, de l’endettement des consommateurs est une étape incontournable.

La bonne nouvelle, c’est le risque limité d’inflation. Certains observateurs se sont montrés alarmistes récemment, en raison du gonflement du bilan de la Réserve Fédérale et de l’endettement rapide du gouvernement. Mais, à la lumière de l’envolée du taux de chômage et du faible taux d’utilisation des capacités industrielles (65,7%), on peut estimer que le PIB actuel est environ de 8% au-dessous de son potentiel de plein emploi. Dans ces conditions, le pricing power des entreprises est fort limité. Ainsi, l’inflation devrait rester très faible en 2009-2010. Pourtant, les rendements du Trésor à 10 ans ont pris l’ascenseur ces dernières semaines. Ils ont pratiquement doublé. L’envolée du déficit budgétaire, qui implique des montants record d’emprunts de la part du gouvernement, est certainement en grande partie responsable de cette hausse des taux d’intérêt. L’accroissement de l’endettement n’est d’ailleurs pas limité aux Etats-Unis, mais est généralisé. L’impact est doublement négatif : 1. augmentation des charges financières du gouvernement, à un moment où les finances publiques battent de l’aile. 2. frein conjoncturel, alors que la crise sévit encore.

Conclusions boursières. Depuis son plus bas, le marché des actions est monté de 40% environ. L’expansion des multiples PER explique l’essentiel de cette hausse. Les bénéfices restent déprimés, même si les révisions à la baisse ne sont plus à l’ordre du jour. A partir du niveau actuel, les perspectives sont maussades. La faible croissance économique (reprise en forme de racine carrée) ne permet pas d’escompter un redressement rapide des profits. Une nouvelle expansion des PER paraît tout aussi improbable. Leur niveau est déjà proche de la moyenne historique, alors même que les rendements du Trésor grimpent. En conséquence, la bourse devient de plus en plus vulnérable à une correction.

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