Matières premières : belle embellie
Publié le 12/05/2009
La semaine écoulée s’est révélée particulièrement faste pour le marché des matières premières.
Si l’on dénotait déjà depuis quelques semaines une meilleure orientation de certains sous-indices, notamment celui des matières premières agricoles et celui des métaux précieux, c’est maintenant l’ensemble du marché qui semble réagir positivement à l’amélioration du climat général. Que ce soit le pétrole, les métaux précieux et industriels, les matières premières agricoles et les « soft commodities » tous, sont orientés à la hausse. Ainsi, l’indice général S&P GSCI des matières premières s’est apprécié de 24% depuis son plus bas de février et enregistre une semaine faste avec une croissance de 8%.
Les différentes nouvelles relatives à une certaine reprise de l’activité économique ravivent la confiance et l’intérêt de cette classe d’actifs. L’impulsion macroéconomique est venue de la demande issue des marchés émergents, de la Chine en particulier. Si l’on observe les mouvements sur le marché des matières premières, on remarque, dans un premier temps, que la chute brutale de la production industrielle à travers le monde dans les derniers mois de 2008 et au premier trimestre de l’année en cours a provoqué un déstockage important des différentes matières premières. Puis, le faible niveau des prix a encouragé la reconstitution des stocks, initiant un mouvement positif sur les prix. Ce dernier a été renforcé par les premiers signes d’un certain retour de la demande mondiale. Au niveau des métaux, le mouvement a été particulièrement marqué sur le cuivre, utilisé dans un nombre important de segments industriels. Ainsi, même si le métal rosé s’est apprécié de plus de 50% depuis le début de l’année, il demeure encore loin de ses niveaux du début 2008.
La même tendance se retrouve sur l’ensemble des métaux industriels. De son côté, le pétrole, dont l’évolution est scrutée par l’ensemble de la planète, semble également sortir d’une certaine léthargie. Alors que son cours évolue depuis quelques mois dans une étroite fourchette de part et d’autre du niveau des 50 dollars, celui-ci se rapproche à grands pas de la barrière des 60 dollars le baril. Ce niveau n’a plus été atteint depuis le mois de novembre de l’année dernière.
Du côté des « soft commodity » la tendance est également à l’appréciation des prix. La demande est restée soutenue contrairement aux attentes du marché qui escomptait un impact négatif plus marqué du ralentissement mondial sur ce type de denrées, ce qui s’est avéré erroné. De plus, les problèmes de production en Argentine, pour le soja, en Inde, pour le sucre et en Colombie, pour le café, sont venus renforcés la tendance haussière de ces matières premières. Le « Baltic Dry Index » qui est l’indice de référence pour le transport maritime des marchandises en vrac, comme le minerai de fer, le charbon ou le grain, connaît le même redressement et illustre également la reprise de l’activité dans le secteur, après l’effondrement des cours observé lors des deux derniers trimestres de l’exercice 2008.
Comme souvent, les mouvements haussiers rapides sont suivis d’une phase de consolidation. Etant donné, la brusque envolée récente des cours, une telle période est fort probable dans les prochains jours. Cependant, on remarque que l’expression déclarant « que le pire est derrière nous » est de plus en plus utilisée et appelle bien sûr à des lendemains meilleurs. Dans la phase de retour progressif de la confiance que nos vivons, certaines classes d’actifs particulièrement malmenées lors de la phase de baisse des marchés, connaissent un mouvement de « repricing » qui replace les actifs à des niveaux plus conformes selon leurs fondamentaux. Les matières premières font partie de cette catégorie.


