L'euro garde sa place dans les réserves de change
Publié le 05/07/2010
Malgré la glissade de la monnaie unique, les statistiques du FMI du premier trimestre contredisent l'idée d'un désaveu des banques centrales
La chute de l'euro/dollar de 17,8% au cours du premier semestre 2010 avait fait craindre une défiance des banques centrales à l’égard de la monnaie unique. Mais les données du premier trimestre du FMI sur la composition en devises des réserves de change officielles étrangères indiquent que ces inquiétudes ne sont pas justifiées.
Sur la période janvier-mars, la baisse de l'euro/dollar est ressortie à 6,2%. Toutefois, les chiffres du FMI montrent un tassement, d’un trimestre sur l’autre, de 27,3% à 27,2% de la part de l’euro dans les réserves de change étrangères, alors que le dollar voit la sienne reculer de 62,2% à 61,5%. Celle de la livre est restée stable à 4,3%. Le poids du yen, lui, est passé de 3% à 3,1%. «Cela tempère l’idée que l'intensification de la crise de la dette souveraine européenne a poussé les gérants des réserves de change à vendre des euros et à acheter des dollars», souligne dans une note Citi. Reste à voir si les statistiques du deuxième trimestre, où l'euro a davantage souffert, confirment ce constat.
Bien que le dollar se soit apprécié face à l'euro, la contraction de la part de la devise américaine dans les réserves de change suggère que les gérants ont diversifié leurs réserves dans des devises autres que le billet vert. «Les achats d’euros, ajustés des effets de valorisation, ont atteint [au premier trimestre, ndlr] un record jamais vu de 160 milliards de dollars, précise Morgan Stanley. Il semble que les banques aient cherché à maintenir constantes leurs réserves détenues en euros, au vu de la chute en valeur de la devise européenne». Les achats de dollars n’ont atteint que 2 milliards de dollars.
La surprise vient de la catégorie «autres devises», dont la part dans les réserves a bondi de 3,1% à 3,7%. Un record depuis une décennie. Le FMI ne détaille pas cette rubrique, mais les cambistes attribuent cette remontée aux devises à rendement élevé et liées aux matières premières comme les dollars australien et canadien.
Bank of Tokyo- Mitsubishi UFG attire l’attention sur la hausse des réserves «non allouées» dans les réserves totales. Celles-ci pesaient 44,4% au premier trimestre, contre 22,8% en 1999. De fait, la Chine contribuerait à la moitié de la hausse des réserves non allouées, puisqu'elle ne publie pas le détail de ses réserves. «Si la tendance persiste, les réserves non allouées dépasseront les réserves allouées d’ici au deuxième trimestre 2012», ajoute la banque.


