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Or, attention terrain miné

Publié le 20/04/2009

D'un bout à l'autre de la planète, on assiste depuis des mois à un phénomène paradoxal dont la presse s'est largement faite l'écho : du fait de la crise, les opérateurs ont fui la plupart des catégories d'actifs (immobilier, bourse, devises, matières premières, …) et un grand nombre d'entre eux ont investi une partie de leur portefeuille en or, provoquant même des pénuries de pièces ou de lingots sur de nombreux marchés. Pourtant, et c'est là le paradoxe, le prix de l'or ne décolle pas d'un cours-pivot autour de 900 USD/once.

Dans un premier temps, au cours du second semestre 2008, l'explication communément admise a été que les exigences de couverture de pertes massives dans les autres classes d'actifs avaient imposé des ventes importantes d'or à leurs détenteurs, compensant ainsi la demande croissante. Et cela a probablement été le cas. Mais depuis le début 2009, le paradoxe se maintient sans que cette explication ne puisse désormais suffire pour expliquer l'état du cours du métal jaune.

C'est à la fois un marché hautement spéculatif où circulent des informations de toute nature pour servir telle ou telle tendance du marché ; et un marché de matière première industrielle (notamment pour l'orfèvrerie).

C'est un marché animé par des opérateurs particulièrement convaincus, de manière parfois idéologique, du caractère « unique » de l'or comme seule base légitime d'une économie et d'une monnaie saine.

C'est un marché sous haute surveillance des banques centrales et des Etats qui le perçoivent, en temps de crise, d'une part, comme un danger potentiel pour les monnaies fiduciaires ; et, d'autre part, comme une valeur confiscable de la «dernière chance » quand la crise devient incontrôlable.

Enfin, c'est un marché qui traite d'un métal identifié à la richesse depuis des millénaires, connu pour rendre les gens fous !

Sur ce marché, il existe deux types de marchés sous tendus :
Le marché physique qui implique une transaction réelle de métal jaune : on y vend et on y achète de vraies pièces et lingots qu'il faut ensuite stocker soi-même.
Le marché de l'or-papier : on y vend et achète des certificats qui garantissent la possession d'une certaine quantité d'or (pièces ou lingots), que le vendeur s'engage à fournir physiquement si l'acheteur l'exige.

Le risque réside sur le marché de l'or-papier qui ne fonctionne plus selon les normes édictées et que nombre d'opérateurs sur ce marché ne respectent plus, en particulier, la contrainte de 90% d'or physique en garantie.

Actuellement, le niveau des ventes officielles n'a pas particulièrement varié. Et, pour nombre d'Etats européens, qui, du fait de l'Euro, ne peuvent plus compter sur les revenus directs des ventes d'or puisqu'ils n'en reçoivent plus que les intérêts (le capital est aux mains des banques centrales), l'intérêt des ventes est dorénavant marginal.
La tempête monétaire qui s'annonce pour la fin de l'été 2009, risque d'inciter les gouvernements à échanger leurs réserves en devises, tout particulièrement en Dollars US, contre des réserves en or. Pour ce qui est des Etats-Unis, ces réserves en or, même valorisées au prix actuel du marché (à environ 300 milliards USD), ne constituent qu'une faible fraction des sommes exorbitantes engagées par l'état fédéral dans le cadre de la crise actuelle.

Notre conseil : Ne pas acheter de l’or papier qui peut être attractif puisque le prix d’achat et souvent moins élevé que l’or réel. Si vous souhaitez acheter de l’or malgré son impact prix et sa non attractivité fiscale, alors, achetez de l’or réel.

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